Vendredi 5 octobre 2018

C'est peu dire que la décision de ne pas construire de nouvelle prison en Vendée attise les divisions dans le milieu politique vendéen. Pour le sénateur Les Républicains Bruno Retailleau, « la Vendée est notamment victime du reniement des promesses d'Emmanuel Macron, qui avait annoncé la construction de 15 000 places supplémentaires en France alors qu'il n'y en aura finalement que 7 000 ».

« Mauvaise foi de l'opposition »

Reniement ? Pierre Henriet, député La République en marche de Fontenay-le-Comte s'étrangle : « C'est faux ! ». L'élu pointe « la mauvaise foi de l'opposition ».Pour lui, la promesse d'une nouvelle prison à Fontenay-le-Comte faite en 2017 par le ministre socialiste Jean-Jacques Urvoas n'était « qu'un effet d'annonce à quelques mois des élections législatives ». Il défend : « On va investir 1,7 milliard d'euros, on ne peut pas dire que c'est un reniement, bien au contraire. »

Même position de la députée La République en marche des Herbiers, Martine Leguille-Balloy qui défend « une décision pragmatique. Actuellement, ma très grande préoccupation, c'est l'état de nos finances ». Elle se dit attentive à ce que les deux maisons d'arrêt de Vendée soient « rénovées ».

« Je suis déçue, mais je comprends », résume Patricia Gallerneau, députée Modem de La Roche-Sud - Talmont. « Il faut qu'on reste vigilant à ce que des crédits soient dégagés pour des travaux de rénovations (dans les deux prisons existantes de Vendée). »

Des rénovations ? « C'est bien le moins que nous sommes en droit d'attendre mais cela ne résoudra pas le problème de la surpopulation carcérale »,déplore la sénatrice centriste Annick Billon, qui a appris la nouvelle « avec consternation ». Elle évoque « la double peine » pour la Vendée « après l'abandon de l'A 831 ».

« Un contexte local »

Si Philippe Latombe, député MoDem de La Roche-Nord - Challans, se dit « d'accord avec le projet de la ministre » de privilégier les alternatives à la prison plutôt que les incarcérations, il est aussi « désolé pour la Vendée ». Il aurait aimé que le département accueille quelques-unes des 7 000 places de prison qui vont être créées.

« Cette décision est aussi liée à un contexte local », ajoute Philippe Latombe. Il tacle « le maire de La Roche-sur-Yon » qui avait relancé l'hypothèse d'une implantation d'une nouvelle prison dans sa ville plutôt qu'à Fontenay.

Pour Philippe Latombe, « il a beaucoup agacé par ses prises de positions et ses interventions, notamment lors de la venue de la ministre de la Justice Nicole Belloubet ». Ambiance.

C. B.

 

Ouest France

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