Ce samedi 29 juin, la sénatrice Annick Billon a visité le canot tout temps de la station SNSM des Sables d’Olonne « Canotier Jacques Joly » et s’est entretenu avec le président de la station Christophe Monnereau.

Mission sénatoriale

Mercredi 26 juin, la sénatrice a été désignée parmi les 20 membres de la mission commune d’information, demandée par Bruno Retailleau, relative au sauvetage en mer et à la sécurité maritime. « Navigatrice depuis mon plus jeune âge, je suis honorée d’apporter mon concours à cette mission qui a vocation à réaliser un état des lieux et proposer des pistes d’amélioration pour le sauvetage en mer et la sécurité maritime ».

Comme trop souvent, il a fallu un drame, le naufrage du canot SNSM Jack Morisseau, pour remettre à l’ordre du jour certaines défaillances d’un système, poser les limites d’un modèle économique basé sur la solidarité et le bénévolat.

Vendredi 7 juin, alors que la tempête fait rage sur les côtes vendéennes, le canot de sauvetage de la station SNSM des Sables d’Olonne a appareillé pour venir en aide à un pêcheur en détresse. Une mer déchaînée, des conditions dantesques ont eu raison de l’embarcation qui s’est retournée plusieurs fois. Sur les 7 hommes d’équipage, 3 marins ont péri noyés : Yann Chagnolleau, Alain Guibert et Dimitri Moulic. Une émotion vive s’est emparée de la ville des Sables d’Olonne et de la communauté maritime en général. Le jeudi 13 juin aux Sables d’Olonne, en présence du président de la République Emmanuel Macron, un hommage national a été rendu à ces héros de la mer, à ces hommes emportés par la fureur d’un océan qu’ils chérissaient tant.

Malgré tout, les hommages ont été accompagnés de nombreuses interrogations et réactions au sujet de la mise en danger de la vie d’autrui, l’état du matériel de sauvetage, le fonctionnement et le financement de la SNSM…

Nerf du sauvetage

Comme cela a été rappelé, « la mer est un espace de liberté » et il n’existe pas de réglementation en droit international qui interdit à un navire en bon état de quitter un port. Le bateau de pêche artisanal et le pétrolier super-tanker ont en commun d’être des navires.

Dès lors, l’assistance à un bateau en détresse est tributaire des moyens de sauvetage et de sécurité disponibles, du semi-rigide au RIAS (Remorqueur d’intervention, d’assistance et de sauvetage), en passant par le canot tout-temps.

À l’instar des pompiers, la SNSM assure des missions de service public avec des bénévoles. La France est un des rares pays possédant une façade maritime à ne pas disposer d’une flotte de garde-côtes professionnels. Alors que cette configuration bénévolat, « qu’il ne convient pas de remettre en question », permet à l’État de réaliser de substantielles économies de personnel, il n’assure pas pour autant le financement de l’acquisition et de l’entretien du matériel. Celui-ci est laissé à la charge des régions, des départements, des stations et des éventuels donateurs, « on n’imagine pas les pompiers vendre les calendriers ou organiser des événements pour acheter une grande échelle. C’est que font les sauveteurs ! ». Il en résulte une fragilité économique qui complique le maintien d’une flotte opérationnelle sur l’ensemble de la façade maritime. Pour preuve, le « Jack Morisseau », canot tout temps construit en 1986, était le navire de réserve de la station des Sables d’Olonne. Le « Canotier Jacques Joly », l’unité phare de la station, construite en 2016, est souvent dans l’incapacité d’appareiller en raison défaillances techniques récurrentes.

À l’aide

Le président de la station SNSM des Sables d’Olonne Christophe Monnereau s’est ému auprès de la sénatrice Annick Billon de ne plus avoir de bateau pour assurer la saison estivale, « en cas de coup dur à proximité des Sables d’Olonne, les canots de Saint-Gilles ou Port Bourgenay devront sortir ». Conscient que le temps est un facteur de risque en matière de sauvetage, cette situation n’est pas acceptable pour la station. La sénatrice a personnellement alerté le premier ministre Édouard Philippe, ancien élu du littoral en tant que maire du Havre.

À la suggestion d’une flotte de remplacement, le président Christophe Monnereau a répondu à Annick Billon qu’il avait déjà émis cette idée en réunion mais qu’elle s’avérait aujourd’hui irréaliste du fait des difficultés à remplacer une flotte vieillissante. 60 millions d’euros sont nécessaires pour remplacer les 40 canots conçus à la fin des années 80.

Au cours de la discussion, le président Christophe Monnereau a également évoqué la possibilité de n’utiliser la veste de flottaison individuelle uniquement lorsque les marins sont à l’extérieur de la cabine. Il faut savoir que le port de la VFI à l’intérieur du « Jack Morisseau » est une des causes plausibles de la noyade des marins de l’équipage.

Sur le pont

En août 2018, le gouvernement, par la voix de Sébastien Lecornu, annonçait qu’une partie des recettes fiscales générées par les parcs éoliens en mer participera au financement de la SNSM. « Les éoliennes ne produiront pas plus d’électricité que de subventions avant 2021. De plus, il est question de 2 millions de recettes quand le besoin avoisine les 60 millions d’euros ».

La sénatrice Annick Billon est convaincue que la rencontre des sauveteurs de la SNSM s’impose dans le cadre de la mission sénatoriale, « C’est au contact du terrain que nous dessinerons mieux le contour du sauvetage en mer et de la sécurité maritime de demain ».

Elle espère cependant que des actions concrètes découleront de ce travail, « les nombreux rapports rédigés sur le sujet, restés malheureusement sans réponse, sont autant de bouteilles à la mer qui a pris le goût des larmes ».

Vendredi 5 juillet, Annick Billon rencontrera les sauveteurs ogiens à l’occasion d’un déplacement sur l’île d’Yeu.

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