Quelques jours après l’annonce par le Gouvernement du Plan national d’action visant à éradiquer les mutilations sexuelles féminines, des membres de la délégation aux droits des femmes du Sénat se sont entretenues avec Hadja Hidrissa Bah, Présidente du Parlement des enfants et du Club des jeunes filles leaders de Guinée, reçue au Sénat à l’initiative de Laurence Cohen, vice-présidente de la délégation.

La jeune militante avait fait une intervention très remarquée lors du Sommet Women7, qui a réuni à l’UNESCO, le 9 mai 2019, les associations et ONG engagées dans la défense des droits des femmes et des filles afin d’élaborer des recommandations à l’attention des pays membres du G7, dans la perspective du Sommet de Biaritz d’août 2019.

Hadja Idrissa Bah a évoqué sa mobilisation constante contre les mutilations sexuelles féminines en Guinée, deuxième pays du monde pour la prévalence de ces pratiques : malgré le poids des traditions et grâce à un travail de terrain acharné, qui doit être poursuivi, « les filles sont en train de prendre conscience qu’elles ne sont pas obligées de subir ces atrocités », a-t-elle observé.

Hadja Idrissa Bah a néanmoins fait part des difficultés qu’elle rencontre quotidiennement pour protéger les fillettes et les jeunes filles des violences auxquelles elles sont exposées - viol, mariage précoce et excision. Malgré des interdictions législatives très claires, ceux qu’elle a qualifiés de « bourreaux » ne sont dans la plupart des cas ni dénoncés, ni sanctionnés : « Nous voulons que la honte puisse changer de camp ». « Mon objectif, a-t-elle conclu, c’est que mes petites sœurs ne soient jamais excisées ».

« Il reste encore beaucoup de défis à relever », a souligné la présidente du Club des jeunes filles leaders de Guinée, commentant notamment l’absence de moyens pour accueillir les victimes et la situation précaire dans laquelle son association mène son combat, faute de soutiens financiers et malgré la mobilisation de certains médias en sa faveur.

Annick Billon, présidente de la délégation, s’est réjouie que le plan de lutte contre les mutilations sexuelles, annoncé par le Gouvernement le 21 juin 2019, reprenne la plupart des constats et des recommandations définis par la délégation dans ses précédents travaux sur le sujet :

- le rapport d’information de Maryvonne Blondin et Marta de Cidrac, co-rapporteures, du 16 mai 2018 (Mutilations sexuelles féminines : une menace toujours présente, une mobilisation à renforcer) ;

- la Résolution pour soutenir la lutte contre le mariage des enfants, les grossesses précoces et les mutilations seuxelles féminines, adoptée à l’unanimité par le Sénat le 14 mars 2019 à l’initiative de la délégation.

« À ce stade, nous n’avons aucune visibilité du budget qui pourra être dégagé pour mettre en application ce plan », a toutefois nuancé Laurence Cohen, vice-présidente.

Michelle Meunier est revenue sur l’importance du signalement, par les professionnels - et plus particulièrement les médecins - des violences et mutilations sexuelles dont ils peuvent avoir connaissance dans le cadre de leurs fonctions, pointée par le rapport de la délégation sur l’excision. Elle a néanmoins constaté la difficulté de poser le principe d’une obligation dans ce domaine : « Il est nécessaire de prolonger les réflexions déjà engagées sur ce sujet au Sénat », a-t-elle conclu.

« La délégation restera mobilisée contre ces violences et s’engagera pour que la lutte contre ces fléaux demeure véritablement une priorité nationale et internationale, et que des moyens adaptés lui soient dédiés », a fait valoir Annick Billon, présidente. 

Pour aller plus loin, consulter :

- Le rapport de la délégation sur les mutilations sexuelles féminines : http://www.senat.fr/notice-rapport/2017/r17-479-notice.html

- Le rapport de la délégation sur les droits des filles : http://www.senat.fr/notice-rapport/2018/r18-262-notice.html

- La résolution adoptée par le Sénat sur les droits des filles : http://www.senat.fr/leg/tas18-080.html

- Le communiqué de presse de la délégation sur la table ronde du 20 juin 2019 sur les enjeux du G7 concernant les droits des filles : http://www.senat.fr/presse/cp20190624.html

 

Contact presse : Juliette Élie ' 01.42.34.25.03 - presse@senat.fr

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