Quelle représentation souhaitons-nous ?

Le gouvernement a la volonté de réformer, de réformer vite pour mettre en place ce qui lui semble être les conditions nécessaires pour engager le pays sur la voie du redressement.

Ce sentiment est louable mais il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Certes, les points forts et les points faibles de notre économie, de notre territorialité, de la représentation nationale ont été cernés. A titre d’exemple, il est évident que la SNCF, pour faire face à l’ouverture des lignes à la concurrence, doit entreprendre une réforme profonde. La même évidence se retrouve pour notre agriculture. Lors de mes rencontres avec les femmes agricultrices et à l’occasion de mon passage au salon de l’agriculture, j’ai pu mesurer à la fois l’immense fierté d’exercer leur métier et le désarroi, voire l’angoisse, d’être confinés dans un système qui ne leur permet pas d’assurer leur subsistance.

Pour modifier l’indispensable, il faut nécessairement sortir d’une logique d’affrontement, qui a trop souvent prévalue, au profit d’une logique de négociation. Cette évolution ne peut se faire que s’il y a aussi de la part de l’État une forte volonté d’écoute et de prise en compte des demandes légitimes. C’est à ce prix, à cet effort bilatéral, que nous aurons une représentation sociale efficace, respectée et positive.

Nous allons entamer l’étude des textes portant sur les réformes constitutionnelles envisagées, particulièrement la modernisation du Parlement et la Justice. Concernant le Parlement, chacun a pu lire dans la presse les propositions concernant la réduction du nombre de parlementaires, le nombre de mandats consécutifs et l’introduction d’une dose de proportionnelle dans les élections législatives. De même, chacun a pu entendre ou lire les réactions des différents partis politiques sur le sujet. Nous sommes tous conscients que des réformes doivent être entreprises, mais pas n’importe quoi, pas n’importe comment. Il en va de la qualité de notre représentation parlementaire, sa pluralité et sa valeur ne peuvent être sacrifiées pour satisfaire aux critiques d’une médiatisation souvent folklorique. Une réduction drastique du nombre de parlementaires conduirait à une représentation monolithique et un renforcement d’une conception jacobine du pouvoir, empêcherait les élus de représenter efficacement les territoires et de porter leur voix dans les assemblées. Sommes-nous prêts à affronter les conséquences possibles ?

Nous comprenons bien l’attention avec laquelle nous, les parlementaires, devrons examiner les textes proposés et la responsabilité qui nous incombera pour adopter les règles de gestion future de notre démocratie. Ou la responsabilité des français si le Président de la République s’oriente vers un référendum…

Quelle représentation souhaitons-nous ? Nous aurons sans doute la représentation que nous méritons.

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