Le 6 mai dernier, le Sénat a débattu sur le sujet de « l’écriture inclusive : langue d’exclusion ou exclusion de la langue ». Par écriture inclusive, on entend un ensemble de pratiques et d’annotations visant à donner une représentation égale des femmes et des hommes dans la langue écrite.

Comme il est de coutume au Sénat, les représentants de chacun des groupes se sont exprimés à la tribune. L’occasion était donc pour nous, sénateurs de l’Union Centriste, de faire valoir notre opinion.

Loin de tomber dans une certaine instrumentalisation politique de notre belle langue, nous n’accepterons pas une quelconque dénaturation de ses règles grammaticales. Par ailleurs, ces dernières ont participé et participent encore à la renommée de notre culture et à la diffusion de celle-ci. Cette conception de la langue sur des bases issues de la morale, n’est pas ma conception des choses. 

En ma qualité de présidente de la Délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes au Sénat, je souhaite préserver notre langue dans ce qu’elle a de plus belle. En ce sens, l’égalité entre les sexes participe ainsi à la reconnaissance du rôle de ces derniers dans la construction d’une société plus juste. Combat qui me tient particulièrement à cœur.

Cependant, adjoindre à la fin de certains mots des attributs qui viendraient ainsi complexifier l’apprentissage de la lecture par nos jeunes générations n’est pas envisageable. L’écriture inclusive rompt avec les règles de prononciation et de ponctuation, ainsi qu’avec les règles morphologiques que les jeunes élèves sont en train d’acquérir. De nombreuses associations de parents d’élèves ainsi qu’une large partie du corps enseignant se sont montrées hostiles à son application dans l’enseignement.

L’écriture inclusive, au lieu de permettre une égalité d’accès à la langue, pose un problème majeur pour les personnes souffrant de handicap. Je pense, par exemple, aux personnes malvoyantes et aux élèves dyslexiques ou dyspraxiques.

Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, s’est d’ailleurs prononcé contre cette pratique dans l’éducation nationale en octobre 2017. Simultanément, l’Académie française alertait sur le risque d’aboutir à « une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité ».

Protégeons notre langue, et avançons vers une société plus égalitaire.

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