Le 30 septembre 2020, à l’initiative de la députée Albane Gaillot, l’Assemblée nationale a voté en faveur de l’allongement du délai d’avortement de 12 à 14 semaines.

Si je considère que le droit à l’avortement est un droit inaliénable, je m’oppose cependant à l’allongement des délais pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, car aucune femme ne souhaite recourir à une IVG tardive. Les femmes souhaitent que leur prise en charge soit rapide. Les partisans de la proposition de loi font valoir des délais trop longs pour obtenir un rendez-vous, notamment dans les grandes métropoles. Augmenter le délai légal parce qu’on ne peut pas recevoir les femmes souhaitant recourir à une IVG au moment de leur demande, est-ce réellement améliorer le droit des femmes ? Il est à mon sens plus judicieux pour la santé des femmes de donner aux établissements de santé les moyens de gérer les IVG comme des urgences. C’est pourquoi je propose que les moyens soient donnés aux établissements de santé pour que le délai maximal de prise en charge soit de 5 jours, à compter de la demande faite par une femme d’interrompre sa grossesse.

Par ailleurs, je m’y oppose car cet allongement n’est pas sans risque pour la femme. En effet, le geste d’IVG chirurgicale entre 12 et 14 semaines change de nature.  Les gestes nécessaires au-delà de 14 semaines peuvent être source de complications pour les femmes et leur pénibilité pourrait également entraîner une désaffection des professionnels de santé qui les réalisent aujourd’hui.

Enfin, notre arsenal législatif prévoit déjà des interruptions de grossesse hors délais dans certains cas. La loi du 4 juillet 2001 prévoit la possibilité de recourir à une interruption médicale de grossesse (IMG) pour raison psychosociale pour les situations les plus complexes (déni de grossesse, femmes victimes de violences, situation d’extrême précarité etc.)

Da manière générale je ne pense pas que nous répondrons efficacement aux problématiques liées à l’IVG en faisant l’économie d’une réflexion sur l’éducation à la sexualité. Il est nécessaire que des formations soient prodiguées par des professionnels de santé, dans toutes les écoles de la République. Nous ne pouvons tolérer de rupture d’égalité dans l’accès à l’information de nos jeunes. Ce préalable doit, à mon sens, être couplé d’une réflexion sur la gratuité de la contraception pour toutes les femmes.

Le texte devrait arriver prochainement sur le bureau du Sénat et, loin des postures et des positions dogmatiques, je ne manquerai de faire valoir mes convictions dans l’intérêt des femmes.

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