Vendredi 14 septembre 2018

En Vendée, 600 maisons et 64 communes sont concernées. Les propriétaires attendent une reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. Une commission interministérielle va se réunir.

« Un énorme craquement »

« On n’ose pas faire de travaux dans la chambre de notre fille. Ça s’écroule de partout. Aucun mur n’est épargné. On a peur que le plafond lui tombe sur la tête. » Anne-Françoise de Larocque et son mari, Henri, sont très inquiets. Ils voient, depuis l’automne 2016, leur habitation se fissurer, à Talmont-Saint-Hilaire.

« Un craquement énorme a retenti. On a eu l’impression que la maison se coupait en deux au niveau du plafond. » Depuis, les dégâts gagnent du terrain. « Les fissures s’agrandissent. Elles descendent sur les murs, sur le sol du garage. Le couloir est écaillé. La douche, fendue et le placard de l’entrée complètement éclaté. Des morceaux de plâtre se détachent. »

La maison invendable

Pendant seize ans, aucun signe avant coureur n’a été décelé. « Nous avons fait construire par une entreprise qui a bonne réputation. Toutes les études au sol ont été effectuées. La maison tient encore debout. Mais pour combien de temps ? » Désormais, « elle est invendable. On perd le fruit de notre travail. » Et les mensualités de l’emprunt continuent de tomber. « Contracté il y a dix-huit ans, il n’est pas encore remboursé. »

À cause de la sécheresse

Comment expliquer de telles fissures ? « La sécheresse de ces dernières années » qui n’a pas épargné les Vendéens. Dans le département, « 600 maisons sont concernées, à ce jour. Soixante-quatre communes ont fait une déclaration », explique Paul Moyon, coprésident de l’association des Sinistrés de la sécheresse des propriétés bâties en Vendée (ASSPB 85), qui regroupe environ 200 adhérents.

Le phénomène s’étend « sur une grande ligne le long du littoral, de Bouin, au Marais poitevin. Il y a aussi deux impacts au niveau du bocage, autour de Chantonnay et Montaigu».

« Ne pas ignorer la réalité »

Annick Billon, sénatrice UDI de Vendée, est venue à la rencontre des sinistrés. Pour elle, une seule issue : « La reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle face à l’intensité anormale de ces phénomènes naturels. » Le problème, elle l’a découvert lors de la réunion publique tenue en mars dernier, par l’ASSPB 85. « Les élus du département et l’association des maires sont très mobilisés. »

Annick Billon l’affirme : « L’ampleur de la situation ne permet pas d’insinuer une fragilité des constructions. La sécheresse et les récents séismes ont un impact certain sur les terres argileuses. Preuves visuelles et constats d’experts à l’appui, il n’est plus possible d’ignorer cette réalité. »

La commission réunie, mardi

En lien avec l’association des maires et celle des sinistrés, la sénatrice œuvre pour faire aboutir le dossier. En mars, elle a adressé une question écrite au ministre de l’Intérieur. « Elle est demeurée sans réponse. » L’an dernier, l’État a émis un avis défavorable pour les demandes relatives à 2016. Celles concernant 2017 seront étudiées mardi 18 septembre par une commission interministérielle.

Annick Billon a interpellé, par courrier, les ministres de l’Intérieur, de l’Économie et de la Transition écologique sur « l’urgence » de cette reconnaissance. « Des techniciens vont statuer selon des critères qui ne prennent pas en compte la réalité du terrain. On nous évoque des chiffres mais il faut parler des gens qui souffrent. » Si la commission rend à nouveau un avis négatif, « un rendez-vous au ministère s’imposera ».

Laurence MONARD.

 

Ouest France

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