Quelques semaines après le 75e anniversaire de la libération des camps de concentration, la Journée nationale de la Résistance de 2020 revêt une signification particulière.

Malgré la crise sanitaire qui a conduit à l’annulation de l’événement prévu au Sénat pour saluer la mémoire des femmes déportées dans le camp allemand de Ravensbrück, la délégation tient à rendre hommage aux résistantes qui connurent un sort terrible dans ce camp allemand des bords de la Baltique, parmi lesquelles de nombreuses Françaises, dont Geneviève de GAULLE-ANTHONIOZ, Germaine TILLION, Anise POSTEL‑VINAY, Charlotte DELBO et Marie-Claude VAILLANT-COUTURIER…

La délégation forme également des vœux pour que la rencontre initialement prévue au Sénat à l’occasion de la Journée nationale de la Résistance avec Jacqueline FLEURY, ancienne résistante engagée dans les réseaux Défense de la France et Mithridate, déportée à Ravensbrück en août 1944, puisse être reprogrammée ultérieurement afin que le Sénat contribue par ces échanges à perpétuer la transmission de l’histoire de la Résistance et de la déportation.

« L’horreur nazie nous hanta toute notre vie, représentant pour nous un impossible oubli. Par ce récit, j’espère de toutes mes dernières forces que celles et ceux qui s’engagent dans le monde après nous s’en souviendront longtemps. », rappelle Jacqueline FLEURY dans son livre de souvenirs intitulé Résistante. La délégation salue l’action de l’ Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance (ADIR) qui, dès la fin de la guerre, a soutenu les survivantes françaises des camps, prisons et forteresses allemands et a inlassablement témoigné de leur combat. La délégation rend également hommage aux associations qui transmettent le souvenir de l’engagement des femmes dans la Résistance, et plus particulièrement à la Société des familles et amis des anciennes déportées et internées de la Résistance (SFAADIR) .

Selon Annick BILLON, présidente, « Nous avons besoin de tels témoignages sur l’engagement héroïque des femmes, trop souvent méconnu, pour la défense de nos valeurs. À l’occasion du centenaire de la Grande guerre, notre délégation a tenu à rappeler non seulement le rôle actif des femmes qui, en 1914‑1918, se sont mobilisées dans les usines et dans les champs, mais aussi celui des pionnières de la Résistance qui ont lutté contre l’ennemi dans les départements occupés du Nord et de l’Est. La délégation n’oublie pas non plus que les résistantes furent nombreuses parmi les premières femmes qui siégèrent dans notre hémicycle, au début de la IV e République. Elle souhaite aussi rappeler que, malgré la participation intense des femmes à la Résistance pendant la Deuxième guerre, on ne compte que six femmes parmi les 1 038 Compagnons de la Libération : nombre de ces résistantes payèrent pourtant le prix fort de leur engagement pour la défense de leur pays. La crise actuelle nous le rappelle : nous devons être attentifs à ne pas laisser le courage des femmes devenir invisible ».

Il y a six ans, le 27 mai 2014, le Sénat, à l’initiative de la délégation, célébrait la mémoire de ces « combattantes de l’ombre » et inaugurait une plaque en hommage aux sénatrices issues de la Résistance. « Nous n’étions pas des citoyennes à part entière, nous n’avions pas le droit de vote, il faut toujours le rappeler, mais nous avions une conscience politique et nous avons lutté contre l’oppression nazie, pour la patrie et les valeurs républicaines de liberté, de justice, de fraternité » : cette phrase de Marie-José CHOMBART de LAUWE, présidente de la Fondation pour la mémoire de la déportation et survivante de Ravensbrück, gravée sur la plaque installée à l’entrée de l’hémicycle, rappelle le sacrifice de femmes qui ont risqué leur vie pour leur pays alors qu’elles n’avaient pas les mêmes droits que les hommes

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