Yes we cam !*

Mardi 30 novembre, une femme rentrait au Panthéon. Après Sophie Berthelot, Marie Curie, Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Simone Veil, la France a rendu hommage à Joséphine Baker, une étoile, une star de la Revue nègre, qui avait troqué la lumière des cabarets pour la clandestinité de la Résistance. Son engagement lui vaudra d’être décorée de la Légion d’honneur, de la Croix de guerre et de la Médaille de la Résistance. Femme, noire, américaine d’origine, sa panthéonisation est un symbole à plus d’un titre pour celle qui, pour reprendre les termes du président Emmanuel Macron, aura vécu une vie « placée sous le signe de la quête de liberté et de justice ».

Lundi 6 décembre, au Palais de l’Élysée, les navigateurs Jean Le Cam et Yannick Bestaven étaients décorés de la Légion d’honneur. Marins, sportifs, aventuriers, ce sont également la solidarité et le courage qui sont distingués. Si le second est honoré pour avoir remporté le dernier Vendée Globe, le premier est récompensé pour le sauvetage héroïque de Kevin Escoffier lors de cette même course à la voile autour du monde. Dans des conditions difficiles au large du Cap de Bonne Espérance (le bien nommé), le Roi Jean avait récupéré un des siens, naufragé après avoir brisé son bateau en deux. Un sauvetage qui doit autant à l’esprit du marin qu’au courage de l’homme.

Ces cérémonies auxquelles j’ai eu la chance de participer représentent des moments importants de cohésion, d’engagement qui mettent en valeur la solidarité, la liberté et le courage. Par leurs actes, ces trois personnes nous renvoient à la période que nous vivons, aux échéances qui nous attendent.

Face à l’épidémie, à la cinquième vague et au variant Omicron, il est de notre responsabilité de se vacciner pour se protéger et protéger les autres. Parmi eux figurent les soignants qui, comme l’hôpital public, résistent mais sont usés. Les restrictions budgétaires antérieures ne sont pas sans effet sur le fonctionnement de notre système de santé. Le meilleur moyen de le préserver serait déjà de ne pas tomber malade ! Derrière la lapalissade se cache pourtant un enjeu de taille qui s’impose à nous, à notre solidarité.

Face à la reprise économique, les problématiques en termes de matières premières, de main d’œuvre, de formation fragilisent la tendance à la croissance. Des solutions doivent être trouvées à l’échelle de l’Europe pour s’opposer à des puissances qui ambitionnent de dicter leurs lois. L’Union fait la force pour préserver notre indépendance. Puisse la France impulser un nouvel élan lors de sa présidence du Conseil de l’Union européenne.

Face aux vagues migratoires, il nous faut agir non pas pour rejeter mais pour accueillir. Régime politique, réchauffement climatique, accès aux ressources, guerres, les raisons sont nombreuses pour expliquer l’afflux de réfugiés. Le déracinement n’est pas un caprice mais souvent une unique alternative face à la mort. 

Face aux échéances électorales et les replis populistes de candidats qui font du rejet de l’autre un programme. Les idéologues du grand changement prônent la nostalgie d’un monde révolu et sombre. Les fausses vérités assénées doivent laisser la place à un débat d’idées apaisé, à un exemple de démocratie, garante de notre liberté.

À l’heure où nous nous apprêtons à refermer l’année 2021, permettez-moi de vous souhaiter de passer de bonnes et joyeuses fêtes en famille et entre amis. Sachez cependant vous préserver pour attaquer du meilleur pied la nouvelle année.

* expression empruntée à Jean Le Cam qui a détourné le slogan de campagne du président américain Barrack Obama « Yes we can » (Oui, nous pouvons)

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