Mme Annick Billon attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports sur le retard de la France en matière de féminisation des filières scientifiques et techniques. 

Alors que les jeunes générations sont constamment incitées à dépasser les préjugés liés aux genres, il apparaît que la situation, si on s'en réfère aux statistiques, demeure figée. En effet, selon des données de 2019 de la conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs (Cdéfi), près de 45 000 femmes étaient inscrites en formation d'ingénieur, soit seulement 28 % des effectifs. Par ailleurs, elles ne sont que 13 % à suivre le cursus des « sciences de l'ingénieur ». Depuis la réforme du lycée, la part des filles inscrites en filière mathématiques en terminale a chuté de 10 points. En 2021, elles ne représentent plus que 38,6 % des effectifs. Ces données ne rassurent pas. 

Aussi, afin d'encourager l'orientation des femmes vers les filières scientifiques et techniques, fortement pourvoyeuses d'emplois, elle lui demande quels sont les leviers que le Gouvernement compte mettre en œuvre pour accélérer l'attractivité des filières de l'ingénierie auprès des jeunes filles.

Réponse du Ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse

publiée dans le JO Sénat du 08/12/2022 - page 6316

L'ancien baccalauréat général proposait un choix entre trois séries dont la valeur supposée et l'attrait étaient perçus comme inégaux pour la poursuite d'études. Le baccalauréat réformé permet de mieux préparer la réussite dans l'enseignement supérieur. Chaque lycéen peut construire son projet en choisissant trois spécialités en première, dont deux sont poursuivies en terminale, parmi un éventail de treize spécialités dont six sont des enseignements scientifiques. Il a été constaté une diversification des profils, avec l'association de spécialités scientifiques à des spécialités de sciences humaines. Toutefois, cette liberté de choix semble s'être faite au détriment de certaines disciplines scientifiques au lycée, avec un effet plus notable sur les mathématiques et les lycéennes. Le rapport de l'IGESR portant analyse des vœux et affectations dans l'enseignement supérieur des bacheliers 2021 relève que « les élèves, futurs étudiants, ont pleinement intégré cette continuité et ont effectué des choix d'orientation post-bac dans la même logique que celle qui a prévalu pour leurs choix de spécialité », et souligne que « les profils qui s'orientent préférentiellement vers les sciences le font de manière plus forte que les anciens profils de terminale S ». En 2022/2023, les élèves de 1ère qui n'ont pas choisi la spécialité de mathématiques peuvent s'ils le souhaitent suivre un enseignement spécifique de mathématiques. Le ministre espère que les jeunes lycéennes notamment se saisiront de cette opportunité. Un plan d'action pour l'accueil de 10 000 filles supplémentaires dans l'option mathématiques expertes de terminale d'ici la rentrée 2024 a été élaboré pour une mise en oeuvre au niveau académique. Comme les différentes actions déjà menées par les acteurs locaux en académie, il permettra de favoriser l'entrée des filles dans les filières scientifiques. Des formations sur l'impact du genre dans le choix de spécialité ou d'orientation sont par ailleurs proposées aux équipes pédagogiques, équipes de direction et services d'orientation. Les inquiétudes des élèves, et particulièrement des filles, dans leur capacité à réussir en sciences sont antérieures à la réforme. Aussi le ministère s'emploie-t-il depuis plusieurs années à valoriser ces disciplines en valorisant des modalités de mise en oeuvre nouvelles : clubs à vocation scientifique dans les établissements scolaires, et en donnant des perspectives nouvelles sur les métiers qui en découlent « semaine de sensibilisation des jeunes à l'entrepreneuriat féminin ».



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