Mme Annick Billon attire l'attention de M. le ministre des solidarités et de la santé au sujet de la pénurie de médecins dans les territoires. 

La crise sanitaire a mis en relief un certain nombre de failles dans notre système de santé. 

Pour souligner la réalité locale à laquelle elle est confrontée dans le département de la Vendée, un rapport publié en mars 2021 émanant de la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DRESS) est venu mettre en relief combien la démographie des professions médicales et pharmaceutiques sera un enjeu prégnant dans les années à venir. 

Compte tenu du temps (long) dévolu à la formation de nos personnels de santé, les premiers effets de la fin du « numerus clausus » ne se feront ressentir que trop tardivement pour les territoires actuellement en tension. 

En effet, elle pense spécifiquement à deux sites des urgences vendéens, l'un à Montaigu-Vendée et l'autre à Luçon. Faute de personnel suffisant, ces deux sites sont parfois soumis à des fermetures de leurs portes la nuit. Ce constat contrevient au principe même de continuité du service public, édicté dans notre droit. À ce jour, le département de la Vendée est en sous-effectif de 40 équivalents temps plein pour assurer la bonne gestion des services d'urgences. 

La loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019 relative à l'organisation et à la transformation du système de santé, qui a instauré la réunion d'une conférence nationale de santé, permettra une veille territorialisée sur les carences de personnel dans nos territoires. Or, comme le souligne le rapport de la DRESS, « compte tenu de l'augmentation de la population, le modèle montre une diminution de la densité médicale en France dans les prochaines années sous hypothèses de comportements et de législation constants ». Il faut donc redonner plus d'attractivité à ces métiers. L'afflux précieux de médecins étrangers n'est qu'un palliatif, en effet entre 2012 et 2021, le nombre de nouveaux inscrits titulaires de diplômes étrangers a plus que triplé. 

À la lecture de ce rapport, les inquiétudes demeurent donc grandes sur le maintien d'un service public de qualité dans les territoires de la République. Alors que le Ségur de la santé a permis une revalorisation de la rémunération des personnels de santé après cette crise de la Covid-19, la territorialisation de la santé ne doit pas devenir le parent pauvre de la politique sanitaire du pays. 

C'est pourquoi elle lui demande quelles seraient les garanties sur le maintien d'un service public permanent dans les urgences des deux sites mentionnés plus en amont.

 

En attente de réponse du Ministère des solidarités et de la santé



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