Dans notre rapport sénatorial Porno : l'enfer du décor, présenté avec mes trois collègues corapporteures, Alexandra Borchio Fontimp, Laurence Cohen et Laurence Rossignol, nous avons, pour la première fois dans l'histoire du Parlement, révélé les dessous sordides de l'industrie de la pornographie. 

Une industrie qui génère des milliards d'euros de chiffre d'affaires chaque année, dans des conditions opaques. 

Une industrie qui a fait de la marchandisation du corps et de la sexualité des femmes un business à l'échelle mondiale. 

La consommation de porno est aujourd'hui massive. Elle représente plus d'un quart de tout le trafic vidéo en ligne dans le monde. Le site Pornhub cumule à lui seul plus de 40 milliards de visites annuelles et près de 220 000 vidéos vues chaque minute dans le monde ! 

Notre rapport dresse un tableau très sombre, mais réaliste, des pratiques de cette industrie : violences systémiques envers les femmes ; exploitation de leur précarité économique et sociale ; actes de torture et de barbarie. Les deux affaires judiciaires en cours en France en témoignent. Elles ne sont que la partie émergée de l'iceberg. 

Nous appelons à sortir de toute vision datée, faussée, édulcorée du porno. Aujourd'hui, ce sont majoritairement des contenus violents, dégradants, humiliants, de surcroît facilement et massivement accessibles aux mineurs : deux tiers des enfants de moins de 15 ans et un tiers des moins de 12 ans ont déjà vu des images pornographiques ! 

La délégation sénatoriale aux droits des femmes défend unanimement vingt-trois propositions pour lutter contre les violences pornographiques et leurs conséquences. 

Madame la Première ministre : comment comptez-vous vous emparer de ces propositions ?

Réponse du Ministère auprès de la Première ministre, chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l'égalité des chances

publiée dans le JO Sénat du 06/10/2022 - page 3499

 Madame la présidente de la délégation sénatoriale aux droits des femmes, je vous remercie de votre question. J'en profite pour saluer la qualité du travail que vous avez mené avec vos collègues Laurence Rossignol, Alexandra Borchio Fontimp et Laurence Cohen.

Votre rapport est extrêmement utile, parce qu'il permet de mettre un coup de projecteur sur les dérives d'une industrie, qui, pour reprendre vos mots, est une machine à broyer les femmes, une industrie qui a banalisé les violences sexistes et sexuelles. Oui, le porno est un enfer pour les femmes !

Vous proposez des solutions concrètes pour protéger non seulement nos enfants, mais aussi les actrices de cette industrie. Certaines de vos recommandations rejoignent le travail qui a d'ores et déjà été entrepris par le Gouvernement. Mon collègue Pap Ndiaye, ministre de l'éducation nationale, et moi-même nous sommes saisis, dès notre arrivée au Gouvernement, du chantier de l'éducation à la sexualité. Il est grand temps que la loi de 2001 soit appliquée dans nos écoles.

Je pense aussi aux travaux pilotés par Jean-Noël Barrot et Charlotte Caubel sur le contrôle parental sur les smartphones. Mais nous pouvons aller plus loin, et votre rapport alimentera grandement les travaux que nous mènerons prochainement avec mes collègues chargés de la justice, de l'intérieur, de la culture, du numérique et de la protection de l'enfance.

Madame la sénatrice, nous nous rencontrons le 18 octobre, et je sais que nous avancerons ensemble de manière constructive. (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI et INDEP.)



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